Biographie

Christophe MANGELLE


Issu d’une famille délurée et attachante errant dans les eaux troubles du 9-3, Christophe Mangelle surnommé « la crevette » bulle dans le petit bain de la maternité de Bondy à partir du 2 février 1979. Depuis ce jour, sa frimousse est ballottée dans une cohue si intense que sa plume s’agrippe au papier comme un nourrisson au chemisier de sa mère. Sur le fil du temps, c’est ainsi que le désordre façonne sa personnalité magnétique. Et qu’il devient lui-même ! À croire finalement qu’il y ait de l’étrange là-dedans…

Une silhouette déguigandée comme Christophe Willem et une coupe de cheveux comme Britney Spears quand elle pète un plomb, Christophe se sent avancer à contre-courant. Il se dit vivre sa vie « à l’envers ». Son histoire est significative : une famille originale mais soudée, une sexualité différente mais fort peu originale à bien y réfléchir, une santé atypique mais malheureusement, le commun des mortels pour les mortels. Tout cela dissocié pour un seul Homme est gérable. Tout cela associé pour un seul Homme est… gérable ! Oui, c’est gérable, mais il faut indéniablement que Christophe accepte de vivre comme ça, « à l’envers » de certains sans se déconnecter des autres.

« J’ai un BAC+8 en cancer et l’ANPE veut que je fasse vendeur dans les enseignes de distribution de livres comme la FNAC. Ils sont fous !


Cela valait le coup de se battre pendant huit ans pour un tel accueil… Je ferais des malaises en mettant en rayon mes bouquins Tellement peur ! tellement je serais mort…de fatigue ! Et non parce que ça me fait tellement peur de travailler ! Comme ils le pensent à l’ANPE.»

Encore mieux, la caricature : Christophe, gay, castré, jeune cancéreux, d’un schéma familial branque, fainéant, profiteur de la société… Provocateur et non dupe devant certains esprits fainéants adeptes des raccourcis, Christophe Mangelle tire sur les ficelles de la caricature pour se moquer de ceux qui sont persuadés qu’elle est l’ultime vérité. Alors qu’elle est tout bonnement une représentation infidèle d’une réalité. La caricature est un avertissement pour enfin parvenir à penser et non là pour se mettre à juger sur le vif, finalement avec le seul but de ne jamais rien comprendre. Grossir le trait des choses qui touchent et qui font mouche comme dans son cas : Christophe, insolent, en disant cela, bien sûr, provoque ! Il cherche la réaction. Bah oui, avec un trait aussi épais, gras et vilain, il aurait été obligatoirement malheureux, dépressif, et j’en passe. Le dire avec de l’humour, même si parfois c’est ressenti comme de la violence verbale, pour lui, c’est assumer sa condition. Et c’est comme cela qu’il transforme son vécu négatif en création positive et littéraire.


Adepte dans son écriture de l’absurde, de l’humour noir, sans oublier la dérision, Christophe Mangelle, incisif et mordant se fait remarquer avec ses deux premiers livres Pas de quoi se taire. (2006) et De quoi s’en faire ! (2007), toujours disponibles par correspondance aux Editions La Crevette. Inconditionnel du phrasé impétueux, cruel et délicieux, l’auteur nous impressionne par la force de ses textes. L’impact verbal nous percute et nous procure des sensations fortes et contradictoires aussi troublantes que dérangeantes, aussi poussives que séduisantes. La fluidité des mots cotoie la lumière, même si le cancer tapi Christophe Mangelle dans l’ombre une bonne part du récit.

Autant enserré dans ses rêves d’écriture que englué dans un réalisme indécrottable, Christophe Mangelle, en plein déséquilibre (malade du cancer) trouve « on-ne-sait-comment » l’équilibre pour rédiger et publier lui-même ses deux livres l’un après l’autre. L’accueil est inespéré et révélateur. Détonnant et motivant, la vivacité de l’auteur trouve son écho dans certains médias comme Vivre FM, France Bleu, France 5, ou TF1. L’info relayé, le lectorat découvre deux livres « ovni », un curieux mélange d’espoir et d’audace, de maîtrise de soi et d’hypersensibilité, un éclairage sidérant sur des thèmes violents comme la maladie, le cancer, la mort, la fin de vie, la douleur, la vie avec le cumul des mandats sur la différence (vivre en tant que homo, vivre en tant que jeune malade, etc.).Tout cela vécu entre 20 et 29 ans.

L’absence de pathos surprend et Christophe Mangelle s’en amuse en déclarant : « Ce n’est pas parce que nous sommes malades que nous sommes des anges. J’ai mon caractère, une certaine détermination et exigence vis-à-vis des autres parce que j’en ai une bien plus forte vis-à-vis de moi-même. Je déteste la vision simpliste de certains « les malades sont tous gentils et les soignants sont tous méchants ». C’est bien plus complexe que cela. Étant juste un homme, n’ayant rien d’un héros, je suis autant méchant que gentil, gentil que méchant, je suis surtout gentil et méchant…malade ou non ! »

Christophe Mangelle, têtu, tenace et obstiné, s’engage à vivre pleinement sa vie en se réalisant à travers l’écriture. Après ses deux livres autoédités, il se lance dans l’aventure avec Oh ! Éditions pour un troisième projet ! Ce livre s’intitule Tellement Peur! ! et il sera disponible à partir du 15 septembre 2008 en librairie. Il évoque son parcours avec le crabe en tant que crevette : la bataille des crustacés !

Christophe aime les livres. C’est pour cela qu’il défend et encourage les nouvelles de Concepcion Alcantara « Le vingt-trois » sorti fin mai 2008 aux Editions La Crevette, le collectif d’auteurs indépendants dont il est à l’origine. Un nouveau projet est en préparation avec Nathalie Guillermin. Affaire à suivre, discrétion assurée…

L’avenir ? Écrire un roman totalement fictif sur lequel Christophe Mangelle travaille vivement. Épauler d’autres auteurs indépendants au sein du collectif Les Editions La Crevette. Apporter son expérience aux associations de malades et aux instituts de formations de futurs soignants. Et surtout rester en bonne santé !

« Rester en vie devient la seule solution pour tuer la mort »



Peur de l’avenir ?
Christophe Mangelle répond : « Oui, car même si je suis considéré en rémission complète, étant un multi-récidiviste, je me sens malade, même si je suis en bonne santé, je suis peut-être donc ce que j’appelle un malade en bonne santé ! »



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